Sam Karpienia (chant/mandoles/guitare)

Manu Reymond (contrebasse)

Thomas Lippens (batterie/percussions)

Après Gacha Empega et ses polyphonies provençales, Dupain et son electro rock occitan, Forabandit le trio acoustique occitano-turc-marseillais, Sam Karpienia invente avec Manu Reymond et Thomas Lippens une nouvelle épopée provençale, De la Crau.

De la Crau défolklorise le provençal pour lui donner sa place dans le courant de la Sono Mondiale, courant musical fait d’hybridations entre local et global.

Après Gacha Empega et ses polyphonies provençales, Dupain et son electro rock occitan, Forabandit le trio acoustique occitano-turc-marseillais, Sam Karpienia invente avec Manu Reymond et Thomas Lippens une nouvelle épopée provençale, De la Crau.

Presse

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Lucas Fox
batteur de Mötörhead
J'ai vu Sam Karpienia jouer à plusieurs reprises lors de mes nombreux séjours à Marseille. Nous y avons passé, Sam et moi, une soirée ensemble il y a quelques années. Il m'a fait écouter les nouvelles chansons et on a discuté de nos influences communes, les différentes manières d'écrire et les sources qui ont inspiré ses chansons ainsi que des sujets plus liés à son évolution musicale. On a parlé des Doors, du post-punk, de la new-wave, et des Pogues… plus tard j'assistais à un concert de De la Crau où je retrouvais ces influences. Dans cette EP de De la Crau des parfums de Nick Cave se mélangent à cette spiritualité propre à Sam avec des atmosphère à la Sisters of Mercy. Je retrouve la puissance des Simple Minds et de U2 de leurs débuts, le phrasé rythmique et mélodique du contrebassiste Manu Reymond combiné au soutien percussif et inventif du batteur Thomas Lippens nous transporte dans ce sens. Chez De la Crau, leurs ancêtres Celtes descendus d'Écosse et d’Irlande, s’entrechoquent le long de la route des épices avec les sonorités de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au Maghreb. Les paroles toujours aussi engagées sont transportées par sa voix du Sud, bien mûrie, habitée par cet humanisme profond.
Manu Théron
Compositeur, chanteur et fondateur de la Cie du Lamparo
De l’enfer industriel de Fos-sur-Mer à la rive arlésienne du Rhône, la Crau - dernière steppe d’Europe occidentale - fait le lit du réel. Des amas de rocaille, cette ancienne mer abandonnée en a roulé et en roule encore dans la furie du vent, et une voiture qui traverserait de part en part ce petit désert filerait droit sur des dizaines de kilomètres, dans des paysages qu’un Hopper ou un Walker Evans auraient rendu américains sans effort. C’est sur les fonds de cette mer bordée d’usines, assoupie dans la sobriété de son déploiement immense, que les trois musiciens de De la Crau ont imaginé la bande-son de leur périple. Ils sont partis d’un chant qui éventre les cieux,  auquel répondent en puissance et en poésie la contrebasse, les percussions et le déchaînement extatique de la mandole. C’est dans cette étendue post-industrielle que Lou Reed croise enfin Matar Muhammad, et c’est seulement là qu’on imagine leur rencontre, sous la plume d’un Sam Karpiénia inspiré comme jamais, emmené à son apogée par l’archet sombre et vigoureux de Manu Reymond et les fûts méditerranéens de Thomas Lippens. Ils explorent à présent un sillon creusé il y a vingt ans non loin des usines, comme une plaie qu’ils continueraient de soigner pour l’éternité, et que le chant et la mandole ne parviendraient à apaiser que dans l’amplitude âpre de ces horizons.
Ludovic Tomas
Interview publiée le : 2022-02-12
Plein Suds, benjamin MiNiMuM / Mediapart
Interview publiée le : 2021-07-01

Sam Karpienia, chanteur solaire et intense a marqué la musique occitane et marseillaise depuis les années 90 (Gacha Empega, Dupain, Forabandit). En 2016, Sam tourne le dos à l'économie fragile de la musique et s’engage dans la marine marchande. 2 ans plus tard, son âme musicienne reprend les commandes, il quitte le navire et crée le groupe De La Crau.

benjamin MiNiMuM : Pourquoi le nom De La Crau ?

Sam Karpienia : Simplement pour situer d’un point de vue géographique l’endroit d’où on vient, vu d’un satellite, vu de loin. La Crau c’est une des dernières steppes géologiques entre Arles et Port de Bouc. Ca peut faire penser à une espèce de désert américain ou de savane africaine. C’est un territoire assez aride, pas forcément sympathique. C’est un mélange de paysages grandioses avec beaucoup de ciel, mais bordés par les usines de Fos-sur-Mer. C’est aussi la route de l’Ouest, la direction pour la Catalogne, le Sud-Ouest et même l’Amérique. C’est une longue route droite qui laisse libre l’imagination. Dans ces territoires où il n’y a pas grand chose à regarder on est peut être plus centré sur soi.

B.M. : Dans ce projet qu’est ce qu’il y a qu’il n’y avait pas dans Dupain, Forabandit ou tes projets en solitaires ?

S.K. : J’ai essayé de rassembler tout ça, après avoir fait un break de deux ans dans la marine marchande, je me suis posé plein de questions et j’ai essayé de me recentrer autour du point de départ du premier album L’Usina de Dupain, avec ces espèces de mécaniques très simples de musiques modales, transes, rythmiques un peu minimales. C’est assez rock finalement et c’est marrant parce qu’on a des instruments acoustiques. Au départ j’avais essayé la guitare électrique à 4 cordes, mais depuis deux ans je ne joue qu’avec la mandole.

B.M. : C’est ton instrument de prédilection !

S.K. : Oui. J’en joue depuis des années, comme j’avais vendu la mienne, c’est Alain Arsac de Fatche Deux qui ma prêté la sienne. Sinon on a pris beaucoup de temps, ça fait trois quatre ans que l’on est sur ce projet pour trouver une direction musicale, une ligne artistique que l’on essaye de tenir un peu comme on a fait pour le premier Dupain qui reste pour moi ce que j’ai fait de plus personnel.
B.M. : Quels sont pour toi les points de rattachements entre L’Usina et Temperi la première sortie de De La Crau ?

S.K. : Pour le dernier Dupain on était cinq et j’ai réduit en trio comme sur l’Usina, j’aime bien cette énergie du power trio, comme Forabandit aussi. Il y a une interaction assez forte quand on est sur scène, ensemble on obtient une bonne tension. Ca donne une espèce de monobloc musical, avec cette idée de crescendo, ce sont des compositions assez simples. Après il y a la contrebasse que Manu Reymond joue souvent à l’archet et ça se rapproche parfois de la vièle à roue. Au niveau batterie on retrouve le tambourin. Ce n’était pas facile de trouver un batteur qui joue du tambourin. Je crois que Thomas Lippens est le seul dans notre région. Il a étudié les tambourins à Naples. Il y a des ingrédients similaires mais avec d’autres personnes, car c’est aussi une nouvelle histoire.

B.M. : Tu avais l’idée des instruments avant de réunir les musiciens ?

S.K. :C’est quand même une histoire d’amitiés. Pour moi c’est important quand tu montes un groupe. Car c’est vraiment un groupe, ce n’est pas un projet où l’on dépose un dossier de subventions et on essaye des choses. On répète, on investit avec notre propre argent, ça va se construire sur le long terme. Il faut des affinités et un état d’esprit commun. Thomas est à l’Estaque il s’investit beaucoup sur son quartier. Politiquement on est assez proches, on partage tous les trois une sensibilité assez commune.

B.M. : Il y a un message politique dans De la Crau ?
S.K. : Ca vient en second plan, il y a d’abord un message artistique, après on a tellement fait de concerts de soutiens et s’il y a des soutiens à faire et qu’il y a une adhésion du groupe on les fait.

B.M. : Quel type de soutiens ?
S.K : On en a fait pas mal ces derniers temps sur Marseille, comme la bataille sur la rénovation de La Plaine (quartier populaire en voie de gentrification ndlr). Au quartier de Noailles à la suite de l’effondrement (des immeubles laissés vétustes par l’inaction des anciens élus qui se sont effondrés et ont tués des habitants ndlr). Il y a aussi eu les migrants avec l’association « El Mamba ». On en a fait beaucoup, mais j’aime bien savoir où on met les pieds, j’aime bien connaître un peu les tenants et les aboutissants. En ce qui concerne l’engagement local il n’y a pas de problème, mais après, par exemple, on s’est retrouvé dans un concert de soutien pour le tremblement de terre au Mexique et je me suis un peu demandé ce que je faisais là. La question de la légitimité de ce que je fais est centrale. Après ces deux ans dans la marine marchande, quand je suis revenu vers la musique il m’a fallu du temps pour me sentir à ma place. Mais aujourd’hui je ne me pose plus du tout cette question, je me sens vraiment à ma place en tant que musicien. Autour de mes projets on monte une association on va construire un peu tout ça. La façon dont tu vas produire ta musique, dans quel contexte avec quelles personnes, dans quel état d’esprit c’est aussi un aspect politique.

B.M. : Avant il y a eu des moments où tu ne te sentais plus à ta place en tant que musicien ?

S.K. : Oui quand j’ai arrêté. Déjà économiquement c’était de plus en plus dur. J’ai donc essayé de trouver un boulot qui me permette d’avoir une assise, un salaire et de faire de la musique à côté. Mais ce n’est pas possible, tu ne peux pas le faire à moitié, il faut être disponible dans sa tête. Artistiquement aussi je ne savais plus où j’en étais. Quand on a monté De La Crau je leur ai dit : je prends la direction artistique, pour ce type de questions c’est moi qui tranche en dernier lieu, je n’ai plus envie que les choses m’échappent.

B.M. : Mais ces musiciens connaissaient ton travail et avaient la volonté de te rejoindre ?
S.K. : Oui complètement, ils ont adhéré dès le début jusqu’à maintenant. J’amène mes compositions que l’on réarrange ensemble. On a une grosse motivation d’arriver à quelque chose. Il y a une implication de chacun. Mais on a plus vingt ans on est tous pères de famille, il faut arriver à gérer le planning pour les répétitions, les enregistrements, mais ça s’organise. Ca nous oblige à bosser à côté, les deux ont d’autres projets et moi aussi. Là je viens de revoir Bijane (Chemirani) on va commencer un duo ensemble, je vais caler une résidence à la Cité de la Musique de Marseille. Il y a aussi un duo avec le guitariste Germain Chaperon.B.M. : Et avec Pauline Willerval (Joueuse de vièle bulgare gadulka) ?

S.K. : Je ne sais pas trop, ce n’est pas simple, elle est en Bretagne. Basta de Trabalhar, le disque que l’on a fait ensemble est super mais on l’a fait sans trop savoir ce que l’on avait fait par la suite. Je ne peux pas non plus monter trop de projet, mais on verra c’est quelqu’un avec qui j’ai envie de travailler. Mais De La Crau reste central pour nous trois.

B.M. : Et comment s’est fait l’album Temperi ?

S.K. : On a fait 6 titres pendant qu’on était confinés. On les a sortis sur Bandcamp en numérique. Maintenant l’idée c’est de rajouter deux titres pour une sortie physique, en vinyle à la rentrée chez Pagans (label des musiciens d’Artus ndlr). Il ne manque qu’un tourneur.

B.M. : Ca devrait pouvoir se trouver !

AMI (Aide aux Musiques Innovatrices)
Interview publiée le : 2021-04-12

A l’occasion de cet épisode d’ouverture, nous recevons le groupe De La Crau, un trio enthousiasmant qui, en combinant un sens de l’interprétation évident à une esthétique aride, désertique, en même temps qu’euphorisante, fait de chacun de ses concerts une expérience quasi-mystique. Le Sirocco soufflant dans le Colorado provençal. Si nous les avions découvert un an auparavant sur la même scène de LAM, les trois membres de De La Crau ne nous ont pas attendus pour étoffer leurs CV respectifs, et le concert qui devait suivre l’interview s'est fait la preuve de leurs immenses vertus : le set proposé, tout en laissant place à la sauvagerie et à la spontanéité, respire la maîtrise et la fluidité ; les gars savent où ils vont, et savent comment y aller. Preuve à l’appui entre deux réponses dans la vidéo ci-dessous.

La Marseillaise
Parution publiée le : 2022-02-10
Télérama
Parution publiée le : 2022-02-01
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